Les Vigies ou le mythe vivant du voyage spatial

Exposition privee – 12 avril 2018

Oeuvres de l’exposition rassemblees grace a la galerie nomade d’Alexandra de Viveiros

Par quelque mystérieux hasard d’une date fortuitement choisie, cette exposition rassemble quatre artistes de l’inquiétude – ou faudrait-il dire de l’exploration inquiète ? – autour d’une icône de la certitude, Yuri Gagarine, dont le vol du 12 avril 1961 à bord du vaisseau Vostok C est peut-être la dernière geste héroïque de notre civilisation, répliquée comme en un combat antique par le vol d’Armstrong de juillet 1969. En cela, elle nous parle visuellement de cette perte qui est au cœur des temps présents, qui peut-être les définit, et que nous ne savons nommer que par antiphrase. Ces deux temps mythiques de la conquête de l’espace ont paru entremêler le génie technique de l’homme, c’est-à-dire le narcissisme inévitable et en apparence triomphant d’une raison capable de convoquer l’avenir sous la forme qu’elle réclame, et un monde du merveilleux, de la légende, sur lequel ouvraient les portes de cette aventure. Vostok – Orient – est le nom du vaisseau matériel, de la Santa Maria moderne, mais aussi de cette part de désir d’enchantement qui nous habite toujours.

Cet entrelacement de la technique et du mythe est un moment dont nous conservons la nostalgie, mais dont la civilisation numérique nous éloigne sans doute à jamais, ou pour longtemps : au monde du merveilleux désormais discrédité s’est substitué un monde du virtuel qui est lui aussi du côté de la technique, du côté de la combinatoire. Un déséquilibre s’instaure.

Héros, mais aussi icône que Yuri Gagarine, portraituré mille fois par cent artistes officiels. Figure agonisante après les trente-deux siècles qui nous séparent du combat d’Achille.

Cette agonie est cependant l’un des fils conducteurs possibles d’une lecture de notre temps, car elle entame la possibilité du désir, d’un désir, s’entend, qui ne soit pas de force ou de possession. D’aucuns y assistent avec joie, d’autres avec nostalgie, beaucoup avec indifférence : l’agonie a déjà trop duré. Ce qui s’oppose au héros de légende, c’est la figure du modèle sous sa forme descriptive, cartographique, prédictive, d’où sont exclues les singularités. Rien n’est plus éloigné de l’Orient – entendu comme lieu paradigmatique de l’imaginaire – que la carte ou la photographie de l’orient concret. Rien n’est plus distant du rêve spatial des années cinquante, avec son cortège de romans et de films de science-fiction, ses élégants vaisseaux, ses créatures improbables, qu’une photographie au téléscope de tel ou tel recoin de notre galaxie. Ayant conquis la Terre, il restait à l’homme le Cosmos. Gagarine avait eu la délicatesse de ne pas fouler un astre, de simplement s’élancer : l’inconnu semblait plus inconnu encore d’avoir été approché mais sans intimité, sorte d’entretien amoureux à l’ancienne, d’épaule aperçue mais non frôlée. On sous-estime trop l’importance capitale de la figure du héros dans notre civilisation : d’Abraham à Enée, d’Alexandre à Roland, de Nelson à La Fayette, chacun choisira le sien, il montre un chemin. Or notre condition contemporaine est moins d’avoir perdu de vue les chemins à prendre que de refuser qu’un chemin soit montré, et le tourment qui résulte de ce refus. Nous changeons sans cesse de place sans jamais trouver le bon lieu. Déplacement, donc, mais rarement voyage.

Que toute l’astrophysique contemporaine se passionne pour les singularités qui ont rendu possible l’univers, et sans doute le menacent dans sa possibilité même, importe peu : ce sont des abstractions d’une hauteur trop vertigineuse pour la conscience. Une photographie de la Lune, une trajectoire de météorite, une station spatiale en orbite, sont des objets désormais trop concrets pour laisser notre pensée échapper à la gravité d’un destin techniquement déterminé. Les mêmes réflexions se pourraient faire à partir du terrain de la biologie, et bientôt de la pensée elle-même, investie par la dimension de l’intelligence dite artificielle.

Entre un devenir cartographié, mathématisé, apprivoisé si l’on veut, et la nostalgie d’une rêverie désormais entravée, ou transformée en simple divagation, les artistes ici rassemblés proposent des lieux visuels d’où interroger notre condition au moyen de l’ambigüité. Car l’ambigüité fut de tous temps l’outil des prophètes, des sybilles, des devins. Et si l’art devait jamais se ranger du côté de la certitude, il se dégraderait en simple technique. Pour reprendre le mot si galvaudé mais si juste de Martin Heidegger, le questionnement est bien la piété de la pensée. L’art, depuis ses origines, est la forme la moins raisonnante, la plus mystique, de cette piété.

Ambigüité d’un astre que Mathieu Merlet-Briand propose non pas comme image de la Terre, ou de Mars, ou d’ailleurs, mais comme une sorte d’épiphanie, d’étrange Visitation d’un ailleurs qui revêt les apparences d’un objet familier de l’astronomie. Carte qui n’en est pas une, mais dont on comprend d’instinct qu’elle voudrait nous appeler à un voyage au moins mental, que la paresse nous fait hésiter à entreprendre. Sur quel vaisseau irons-nous ?

Ambigüité d’un météorite qu’Alice Nikolaeva installe sur un objet familier, un fauteuil défoncé comme par un hôte encombrant mais pas nécessairement rejeté.  Météorite, un nom masculin que l’on préfère souvent utiliser au féminin : objet à la forme et au genre mal déterminés, rendu inoffensif d’apparence mais terriblement violent s’il venait à nous heurter, annonciateur des fins de monde, des fins d’un monde. Sorte de vanitas qui pointe ironiquement notre fragilité.   

Ambigüité d’un disque élégamment historié par le trait fragile, esseulé que trace Anne-Flore Cabanis, qui hésite entre écriture énigmatique et cartographie d’un monde ignoré, comme entr’aperçu en son centre et deviné seulement en sa périphérie, dérobé au regard par la seule confusion des formes, et qu’une singulière anamorphose nous ferait prendre pour une lointaine galaxie, un astre innommé, ou quelque figure céleste,..

Ambigüité aussi de l’univers visuel de Gosha Ostretsov, univers qui semble appartenir aux récits de science-fiction des temps soviétiques, aux temps d’Aelita, au temps des utopies constructivistes, sorte de futur déjà advenu, au temps des mondes parcourus en imagination ; et pourtant, ne peut-on discerner une forme mélancolique de prophétie dans ce regard aimanté par des formes colorées mais muettes, dans cet esprit traversé de courbes et de lignes, dans ces êtres indécis juchés chacun sur son petit astre ?

Gagarine transfigure, comme tout véritable héros, la gloire acquise par son épopée vécue en geste immarcescible. Mais c’est aussi un héros moderne en ce sens que transparaît en lui une fragilité : c’est un héros que l’on embrasse, à qui les jeunes filles apportent des fleurs, envers qui l’on a des tendresses. On n’apporte guère de fleurs au Cid ou au chevalier Bayard… Or la fragilité est au cœur de la condition présente de l’Occident, qui a renoncé aux certitudes, et souvent les déteste : fragilité de notre environnement, fragilité de l’Homme qui a rejeté les dieux et les sens dont ils étaient les messagers, fragilité de l’individu en société, à qui plus aucune place, aucun statut ni aucune considération ne peuvent être promis sans que ces promesses ne soient trahies. Voici que l’art – qui fut dès son aube une prière, une invocation, voire une convocation, adressées à ce qui dépasse la conscience immédiate – se fait navigation, se met à explorer ces archipels de fragilités éparses, à espérer rencontrer un sens comme on trouve une pièce sur le trottoir, fortuitement, entre les écueils que sont les îles maudites d’Explication et de Doctrine. Dans cet espace – peut être ténu – entre la sphère technique en expansion, impérieuse et indifférente, et les refuges que l’esprit désemparé se donne, l’art tente depuis toujours de trouver une clairière, un lieu d’où contempler et interpréter le monde.

Dans son questionnement de la nouvelle superstructure digitale du monde, qui expulse l’homme de sa Terre pour l’introduire dans un espace parallèle, Mathieu Merlet-Briand tente de déceler les traces d’un réel, ou sa rémanence.

Alice Nikolaeva nous rappelle que les utopies autrefois jumelles de la conquête spatiale et de l’instauration du Communisme ont chu toutes deux, comme ce météorite doré, du Ciel ou elles semblaient devoir nous emporter, sans qu’aucun réenchantement ne paraisse possible. Sorte de menhir dont on ne sait plus trop quoi faire, il est posé là, incongru.

Les lignes sans fin que trace Anne-Flore Cabanis évoquent ces songlines qui remémorent le parcours de l’esprit-créateur de chaque groupe Aborigène d’Australie pendant son voyage terrestre ; mais un voyage que ses règles destinent à demeurer inabouti, de traits ne se recroisant jamais, ne formant aucune boucle, aucun entrelac, ne dessinant aucun message : création impossible de l’ancêtre toujours errant…et qui dessine pourtant un simulacre de carte, de lieu, de planète.

Pour Martin Heidegger, qu’il est toujours agréablement pédant d’évoquer, l’hégémonie de la technique sur le monde représente l’ultime manifestation d’une idéologie, la métaphysique du sujet, qui depuis la Grèce présocratique construit la relation de domination de l’homme sur le monde ; nous en vivons aujourd’hui les effets, mais non pas encore l’aboutissement. La relation technique de l’homme au monde consiste pour lui à considérer que le réel est un produit des lois de la raison, ce qu’il nomme l’arraisonnement du réel. Poursuivant cette idée, Hannah Arendt pensait le totalitarisme en général comme une extension de ce schéma de l’imposition, de la fabrication, à l’ensemble du domaine des affaires humaines. L’actualité ne lui donne pas tort. La leçon de cette approche, où l’on peut percevoir un écho du paradis perdu, est qu’en se réalisant par la seule technique, l’être risque à tout moment de se perdre. La fusée Vostok est une métaphore trop facile de la technique, on en conviendra ; néanmoins, il y a dans chaque image transmise par une sonde spatiale quatre ou cinq mille ans d’efforts de l’esprit scientifique, quatre ou cinq mille ans de travaux de la raison, empilés, densément tassés. Ce sont nos pyramides. Et nous semblons les contempler avec perplexité, comme si nous pouvions nous y égarer. Cette construction immense et admirable est-elle un tombeau de l’être ? Nous n’en savons rien, mais il faut tenir à l’œil ses bâtisseurs. Nos quatre artistes sont – parmi tant d’autres naturellement – quatre vigies.

La science-fiction, la bande dessinée d’anticipation qui servent souvent de support au travail de Gosha Ostretsov sont une science-fiction pour ainsi dire inversée : une sorte de “Ah, comme il était beau le temps des Martiens ! », soupir poussé du banc où quelque vieillard déchu regrette les essors d’antan, ces belles trajectoires que parcouraient les âmes ou l’esprit, ou qu’ils désiraient du moins parcourir vers un Ciel, mais on a oublié lequel.  

«Pour l’instant, la voie de l’homme passe par l’espace, le Suprématisme est le sémaphore de la couleur dans son abîme infini», proclame Kazimir Malévitch. Projet d’affranchissement de la forme, du tracé qui enferme et conditionne la pensée, recherche du « Monde sans objet ou le repos éternel”, comme il qualifie le Suprématisme dans un fameux opuscule des années 1920.  La platitude du carré évoque un espace sans fond, sans origine, sans aucune centralité, celui du déploiement de l’infini. Le blanc est pour lui signe d’une visibilité pure, comme l’or de Byzance était signe d’un au-delà de l’espace du manifesté, du visible. La subjectivité de l’artiste, comme synecdoque de la subjectivité en général, est maintenant expulsée, ce qui fut toujours le projet failli de l’abstraction en peinture. Cette expulsion est condition nécessaire pour échapper à l’attraction gravitationnelle de la technique, au sens du déploiement inexorable de la volonté de puissance. Pour Malévitch, l’œuvre – comme le rituel de l’envol pour le chaman masqué – devient passage, passage inconditionné vers ce à quoi tend l’esprit, qui est sans doute sa source. Le silence peut enfin régner. « Du silence du Père surgit la parole du Fils », écrit Saint Irénée. Le silence indéterminé de la source. Le silence qui effrayait tant Pascal. Le silence incommunicable que connaît, là-haut, le cosmonaute masqué.

Mathieu Merlet-Briand

Mathieu Merlet-Briand est né en 1990. Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs a Paris en 2013, il poursuit ses études en cycle de recherche à EnsadLab, le laboratoire de recherche de l’EnsAD. Mathieu Merlet Briand enseigne également : il a travaillé notamment a l’EnsadLab, la Parsons School et le PCA, Paris College of Arts. Il vit et travaille a Paris.

Mathieu Merlet-Briand s’intéresse a l’influence de la technologie sur la perception que nous avons de notre réalité contemporaine. Il cherche par exemple a questionner la matérialité des géants de l’internet, entendus comme synecdoque du monde numérique, en qui nos contemporains voient comme une sorte de dieu tout puissant. L’humanité n’a jamais autant enregistré d’informations, et n’a jamais eu accès à autant d’informations qu’aujourd’hui. On peut avoir l’illusion d’une pérennité de nos données dans ces « clouds », alors qu’elles sont tout de même stockées sur des serveurs qui ont une réalité physique. Cette dématérialisation contemporaine a donc quelque chose d’a la fois « hyper-matériel » et fragile.

Mathieu Merlet-Briand voit cette question de la matérialité digitale comme une forme de quête utopique, en ce sens qu’il cherche à trouver une réalité physique sous-jacente aux technologies numériques, ou dérivée de celles-ci. Fasciné par le nombre d’images qui déferlent sur internet quand on fait une recherche à partir d’un mot, il a cherché à développer des processus de recyclage de ces images, ce qui a donné par exemple naissance au projet « Google Matter », et ne cesse d’explorer dans son travail cet espace entre nature et monde numérique.

Il utilise le “big data” comme medium, puis par des processus de recyclage ou en employant des analogies avec la nature, il façonne en quelque sorte les flux de données afin d’obtenir des objets tangibles sous forme principalement de sculptures ou d’installations multimedia.

Influencé aussi bien par l’histoire de l’Abstraction que par le Land Art ou les Nouveaux Réalistes, ses créations sont associées a Digital Culture, ou au mouvement Post-Digital.

Mathieu Merlet Briand a participé a de nombreuses expositions personnelles ou collectives tant en France qu’a l’étranger, dont la Biennale d’Art Contemporain de Moscou a la New Tretyakov Gallery (ou son travail a été sélectionné pour représenter la Biennale), Art Geneva, la YIA Art Fair au Musée des Arts et Métiers, et Variation – New Media Art Fair a la Cité Internationale des Arts.

Expositions (sélection)


2018 

– Digi-Poésie, exposition collective; Mireille Ronarch, curateur. Galerie Under Construction, Paris.


– What about 2222? , exposition collective. Andy Rankin, curateur. Le FDP, Paris. 


Cloud Forest, 7th International Moscow Biennale of Contemporary Art, curateur Yuko Hasegawa, The State Tretyakov Gallery. 


#iceberg  
solo show, Playground for All, Paris.

2017

Variation – Media Art Fair, Dominique Moulon curateur, Cité Internationale des Arts, Paris.


– OffPAC 2017, exposition collective, P. Paillet et J. Vidal curateurs, Marseille.


Environnement, exposition personnelle, invité par H. Leblond, collectionneur, Paris.


– Understand what we know, exposition collective, curateur Jérome Pierre, La Couleuvre. 


Art Genève, curateur Martin Guinard, Genève.

 
– Google Matter, exposition personnelle, curateur Martin Guinard.

2016

– Exposition “Duo”, curateur Early Work, Paris.

– Parallel Call, hors les murs de la YIA Art Fair #7, exposition collective, curateurs Romain Semeteys et Marianne Derrien, Musée des Arts et Métiers, Paris.
– Relève, exposition collective organise par Marty de Montereau, curateurs I. Karabayinga et L. Wauters, Crédit Municipal, Paris.
– Memories memories, exposition personnelle, Espace Pierre Gilles de Gennes, Paris.


– Prix Dauphine pour L’Art Contemporain 2016. Sélectionné par le Prix Dauphine pour l’Art Contemporain, le binôme formé par Mathieu Merlet-Briand et la curatrice Anaïs Lerendu a été primé pour “non site”, un projet qui questionne notre rapport contemporain au digital.


– BYOB#2, exposition collective, galerie Le Huit – Paris. 

2015

– Progression, exposition personnelle, La Ferme du bonheur, Nanterre. 

– Capture, exposition collective, curateur Ethan Assouline, galerie le Huit – Paris.

– BYOB, exposition collective, galerie Le Huit – Paris. 

– Chez Moi, exposition collective, curateur Jean-Baptiste Charpenay-Limon, Paris.

Alice (Alisa) Nikolaeva

Alice Nikolaeva est née en 1991, l’année de la chute de l’URSS. Jusqu’en 2001, elle assiste à la dislocation de son pays, cette longue période de transition permanente et brutale. C’est aussi l’époque où de nouvelles utopies remplacent celles qui ont échoué. Le pays est comme suspendu entre deux mondes, entre deux temporalités et entre deux idéaux. C’est cette tension que la jeune artiste cherche à représenter dans ses installations au minimalisme formel qui joue avec l’espace et les volumes.

La conquête spatiale a marqué des générations de russes, comme une utopie ultime et sans limite peuplée de héros téméraires et d’images envoûtantes. Les astéroïdes dorés de Alice Nikolaeva seraient-ils des morceaux de ces utopies, restés en suspens dans ce monde nouveau ? Ils sont en équilibre précaire, comme hésitants – la rupture possible des attaches ajoute à cette tension. Les symboles sont multiples, la couleur dorée qui rappelle les couvertures de survie ou qui symbolise le froid de la mort dans une combinaison habile de préciosité et de technicité. L’artiste se réfère aussi directement à l’esthétique des films d’anticipation soviétiques des années 60 qui l’ont beaucoup influencés. Alice Nikolaeva a aussi vécu cette liberté nouvelle où l’on se retrouvait dans les immenses bâtiments désaffectés, vastes vestiges d’une industrie mourante. Elle y a utilisé le tag comme moyen de réappropriation de ces espaces abandonnés, de ces nouvelles hétérotopies possibles. Tout est alors permis. Elle se souvient des messages – Never Again – No way – dont on ne sait s’ils sont optimistes ou déjà résignés. Elle les réutilise aujourd’hui en jouant avec la forme ou le matériau du support.

A la nostalgie évidente de son travail, l’artiste appose l’ironie de titres faussement racoleurs tels que « Please just suspend your golden rock », « Black glory hole », « Space sale », « Pay it & smash it », « if you have a meteorite you don’t need anything else » Alice (Alisa) Nikolaeva étudie à l’ENSBA de Paris en 2016 après avoir suivi des études de ‘Graphic Design’ à l’université de Samara. Elle a déjà participé à de nombreuses expositions collectives en France et en Russie. Elle a été sélectionnée pour participer en 2016 à la Biennale de Moscou qui se tient actuellement. Alice Nikolaeva est née en 1991. Elle vit et travaille à Paris.


Formation
2014-2016 L’ENSBA de Paris (Atelier Vilmouth) 
2011-2014  Licence Arts Plastiques, UPJV Amiens 
2008-2010 Design Graphique, l’Université d’Architecture de Samara, Russie

Expositions personnelles: 


2017
no time no matter , Alabin museum, Samara, Russia
2016
Cosmos Nostalgiagalerie Nivet-Carzon & galerie Alexandra de Viveiros
Regrets et souvenirs, L’ENSBA, Paris
2014
Leaving unit for one person, Samara, Russie
2012 
Modernisations Refusées, Samara, Russie

Expositions collectives (sélection) :


2018
La Confidentielle #2, YIA Art Fair, Paris
2017
VOLGA.ZERO, National Center of Contemporary Art of Samara, Russia
SVIPASAFNID, MUSEUM OF IDENTITY & GENIUS LOCI – Verksmiðjan á Hjalteyri, Iceland
Liminal, Otis Collage of Fine Arts and Design, Los Angeles USA
2016
​IX Biennale de Shiryaevo « Cash », Samara, Russie
Deep inside 5th Moscow International Biennale for Young Art (Trekhgornaya Manufaktura, Moscou, Russie)
Vilmouth time (performance), MACVAL, Paris
Same Same but Different, L’ENSBA, Paris
2015
AVOSSOUHAITS, L’ENSBA, Paris
Like a verni, L’ENSBA, Paris
Good Luck, L’ENSBA, Paris
2014
Panic room, Paris 
AVOSSOUHAITS, Paris
2013
Play Shakespeare, Centre Culturel Jaque Tati, Amiens, France 
2012 
Flow, Samara, Russie
Meanwhile, Samara, Russie
2011 
L’art contre la géographie, Le programme spécial de la IVème Biennale de Moscou 
La Métaphysique de Samara, Galerie ERARTA , Saint-Pétersbourg
Nu, Les nuits blanches à Perm, Galerie Fabrique de Tabac, Perm

Anne-Flore Cabanis

Après une formation préparatoire avec l’artiste Annette Huster, Anne-Flore Cabanis a suivi les ateliers des artistes Bernard Piffaretti, Sylvie Fanchon, Dominique Figarella (atelier P2F) et Philippe Cognée à l’École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris dont elle est diplômée en 2007. Anne-Flore Cabanis vit et travaille à Paris.

Depuis 2001, Anne-Flore Cabanis dessine un tracé aléatoire au stylo sur papier. Cette écriture obéit à des règles simples : une ligne dessinée à main levée qui ne se croise pas et dont les angles sont toujours des angles droits. Le résultat semble suspendre l’attention dans un flottement introspectif. Après l’expérience d’un voyage d’étude au Brésil en 2005, elle traduit ce langage dans l’espace en lui faisant prendre différentes formes : performances, pièces sonores, collages in situ au ruban adhésif et installations en volume de lignes tendues. L’absence de centre et de limites indique que la question de la spatialité constitue l’enjeu principal de la composition, et nous parlent d’une forme d’errance des corps et des âmes dans les sociétés contemporaines.

Les interventions in situ d’Anne-Flore Cabanis jouent avec l’architecture de lieux privés ou publics. En rompant un silence visuel, elles entendent révéler la présence de mouvements invisibles, choisis par l’artiste, qui crée des apparitions et disparitions de lignes et de couleurs. Celles-ci proposent un moment de réflexion sur la circulation des corps, du regard ou de la pensée. Elle a fait son premier collage in situ au ruban adhésif lors d’une exposition dans le Terminal 5 de l’aéroport JFK à New York en 2004. Ses projets l’ont récemment amenée à intervenir au CENTQUATRE-PARIS, dans le quartier d’Ixelles à Bruxelles en Belgique, dans un collège d’Aubervilliers (93), à la gare de Metz, à la Filature (scène nationale de Mulhouse) et à l’étranger dans la ville de Taipei, Taïwan.

Anne-Flore Cabanis a une pratique presque obsessionnelle du trait. est obsédée. Des 2001, mêlant la performance au dessin, elle réalisait deux oeuvres de dix mètres de large sur un mètre cinquante au stylo bille bleu. Partant d’un point de départ quelconque, et sans lever la main ni revenir sur ce qu’elle a déjà inscrit, elle va faire progresser son unique trait dans le vide, par un cheminement sans fin prédéterminée. Le résultat sera quelque chose qui rappelle visuellement une carte de géographie, dans les détails de laquelle on désire presque se perdre. Depuis, ses dessins sont aussi devenus figuratifs. La ligne pénètre des objets pour ensuite définir une forme.

Le scotch est Anne Flore Cabanis un outil du quotidien. Depuis 2003, elle ponctue des architectures urbaines ou intérieures de séquences adhésives, dessinant les circuits invisibles de son imaginaire. Apposées sur des murs ou des trottoirs, ses lignes ouvrent ouvrent un parcours labyrinthique où l’on se projette.

Quant aux recherches picturales d’Anne Flore Cabanis, on retiendra en particulier ses toiles «aux cercles» qui proposent au regardeur, qui se mue presque en contemplateur, de s’immerger dans ces structures de bulles qui rappellent le vaporeux des nuages que l’on transperce en avion. On a pu écrire assez justement qu’avec Anne-Flore Cabanis, on arrive toujours au-­delà du ciel. Son abstraction est une élévation.

Gosha Ostretsov (ГОША ОСТРЕЦОВ)


Né en 1967 à Moscou, où il vit et travaille, Gosha Ostretsov est un artiste russe reconnu, issu de la nouvelle génération d’artistes de la Russie post-soviétique.

Formé à l’Ecole du Décor du Théâtre du Bolchoï, il passe quelques années à Paris, à partir de 1988, aux côtés des deux grands stylistes que sont Jean-Charles de Castelbajac et Jean-Paul Gaultier. De cette expérience il retient leurs univers très colorés et très pop qui l’amènent à poursuivre un travail plus personnel et orienté vers les arts plastiques.

Il s’inspire alors de la bande dessinée où il peut s’exprimer aisément et surtout mettre en lumière cet art oublié et banni par les bolchéviques. 

La science-fiction est au cœur de son travail à travers ses bandes dessinées, ses dessins, mais aussi ses installations qu’il n’hésite pas à mettre en scène autour d’histoires fantastiques. Ses créations détonent, et empruntent la gestuelle de l’abstraction lyrique américaine avec des coulures et un grand dynamisme révélé par les sujets qu’il dessine: des super héros aux super pouvoirs, des héroïnes, des combats entre héros et monstres tout droit sortis de son imagination hors norme.

Gosha Ostretsov exprime sa volonté de vouloir échapper au quotidien, à ses contradictions et aux tyrannies de notre société ; ses héros sauvent l’existence et ses installations entendent agir comme des révélateurs de vérités destinés à susciter une prise de conscience de leur spectateur.

En 2010, il a réuni un groupe d’environ vingt artistes sous le nom de VGLAZ. En 2012, le collectionneur et galeriste Charles Saatchi a choisi certains de leurs travaux pour une exposition collective appelée « La gaîté est le trait dominant de l’Union Soviétique ». Les oeuvres d’Ostretsov sont présentes dans des collections prestigieuses telles que le Musée d’Art Russe de Saint Pétersbourg, la galerie Tretyakov de Moscou, le Centre National d’Art Contemporain de Moscou, le Musée d’Art Moderne de Moscou, le Centre Pompidou, la collection Zabludowicz à Londres, la collection Tiroche DeLeon à Tel Aviv, et de nombreuses autres collections privées.

Ecoutons Gosha Ostretsov : « L’art est un don extrasensoriel qui ne peut être mesuré, mais qui peut changer la nature spirituelle de l’Homme, et le rendre à la fois super-temporel et actuel. Nous croyons avoir systématisé le monde qui nous entoure. Nous avons créé des idéologies et des doctrines et forcé l’art à en devenir le serviteur. ». Ce don d’ « hyper-vision » qui est celui de l’artiste, il le nomme enlèvement, rapt, ravissement. Un vocabulaire qui nous ramène à une expérience située entre extase mystique et violence bien réelle… « Ayant été enlevé des centaines de fois, je peux vous assurer que l’idée selon laquelle seul existe le présent est fallacieuse ». A bord de ce vaisseau où feint de prétendre que des extraterrestres l’ont enlevé, Gosha Ostretsov a sans doute pu contempler ces autres dimensions du temps, y compris un futur qui ne serait pas simple projection du présent. Mais son peu d’estime pour la civilisation présente laisse à penser que cet enlèvement a plus de douceur que de brutalité. Est-ce l’art qui est ce vaisseau, ou l’art est-il le regard que l’on porte depuis ses hublots ?


Expositions personnelles (selection)


2017 I’ve Been Abducted Hundreds of Times, Venise, Italie
2014 Autotrans NG. Centre d’art Zaria, Vladivostok, Russie
2010 Heavy Patients, galerie Rabouan Mousson, Paris
2009 Apocalypse, Galerie Marat Guelman, Moscou, 
Banality and Eternity‘, galerie Triumph, Moscou
The Adventures of Robin Hood, Paradise Row, Londres
2008 Les ames mortes, Galerie Triumph, Moscou
2007 Under repair, Musée de l’art contemporain de Moscou
Salon Beauté, galerie Rabouan-Moussion, Paris
2005 Lawlessness. Galerie Marat Guelman, Moscou
2002 Vandals and Generals of the New Government. Galerie Marat Guelman, Moscou
2001 Contemporary Art in a Traditional Museum, Eden one-man project, musée Arctic et Antarctic Museum, St. Petersburg
 2000 New Government one-man exhibition,  Galerie Marat Guelman, Moscou
Visitor one-man exhibition, Musée Russe, St. Petersburg.

Expositions collectives (sélection)


sept 2016 – avril 2017 Kollektsia !, Centre Pompidou, Paris, France
2015 Enlightenment. dans le cadre de la 6ème Biennale de Moscou
Pink box, Musée Erarta , Saint-Petersbourg.
Liberation continue, Museé de Graz, Autriche.
 2014 Reconstruction 2, Fondation culturelle Ekaterina, Moscou
Dessins contemporains, Musée Russe, Saint-Pétersbourg.
2013 Parts of the whole, dans le cadre de la 5ème Biennale de Moscou.
2012 Gaiety is The Most Outstanding Feature of The Soviet Union, Saatchi Gallery, Londres, UK
Stigmates, fondation d’entreprise Francès
2011 Russian Landscape, galerie Marat Guelman, Moscou
2010 L’amour pour l’électricité, galerie TM Project, Genève
2009 L’autre mythologie, Centre national de l’art contemporain, Moscou
2008 Biennal de la photographie, Moscou
2007 Under repair, Musée de l’art contemporain de Moscou
La 2ème Biennale de Moscou, Galerie Tretyakov
2006 Spear-Hand, Centre National de la photographie, St. Petersburg.
2005 La 1ère Biennale de Moscou
In process, Centre d’art moderne, Moscou.
2004 Moscou-Varsovie, Centre d’art moderne, Varsovie.
2003 Against Global Net, La maison centrale des artistes à Krymsky Val, Moscou
2002 Bulimia, La biennale de la photographie de Moscou
1993 Biennale de l’art contemporain d’Istanbul, Turquie

Collections (sélection) :
 Centre Pompidou, Paris ; Galerie de Tretyakov, Moscou ; Musée Russe, Saint-Pétersbourg ; The Moscow Contemporary Art Museum ; The Saatchi Collection, London ; The Arctic and Antarctic Museum, Saint-Pétersbourg ; Zabludowicz Collection, London ;  Fondation d’entreprise Francès

 
Bibliographie (sélection) : 

Catalogue d’exposition : Figuration libre, Fondation Leclerc 

Catalogue d’exposition : Kollektsia! Art contemporain en URSS et en Russie 1950-2000, Editions Xavier Barral, Centre Pompidou

Catalogue d’exposition : Performance en Russie 1910-2010. Cartographie de l’histoire, GARAGE Museum of Contemporary Art (en Russe)

Catalogue d’exposition : Gaiety is the Most Outstanding Feature of the Soviet Union : Art from Russia, Saatchi Gallery

Georgy Ostretsov, Marat Guelmann Art Foundation

Anna Belyavina-Normand (Artiste invitée)

Anna Belyavina-Normand est artiste et designer de mode. Une fois obtenu son diplôme de L’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD), Anna Belyavina-Normand se lance dans le design d’accessoires et crée sa marque – Anka Byanka. C’est en travaillant sur des parures Haute Couture dans l’atelier de l’artiste-sculpteur Alain d’If Esope qu’elle découvre le plexiglass, qui se prête à merveille à la création d’objets insolites et contemporains, pour ne pas dire d’anticipation.

La masque Galactic est issu de la collection « Malevitch ». Avec ses lignes pures et ses couleurs franches, cette collection d’accessoires en plexiglass reprend les codes de la peinture suprématiste. Tels les tableaux de Kazimir Malevitch, les bijoux expriment une pure sensibilité picturale. Leurs formes géométriques font ressortir leurs couleurs vibrantes, rehaussées par l’éclat des surfaces miroitantes. Ce masque a été spécialement créé pour le projet « SUPREMATISM GIRL », photographié par Jérôme Pannetier et dirigé par Anna Belyavina-Normand. Les photographies ont fait l’objet d’une publication dans le magazine de mode Sheeba Magazine

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